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SOMMAIRE

CARTHAGE: 3000 ans d’histoire.

Un Voyage à Travers le Temps

La Fondation de Carthage

Carthage la Reine des Mers

Les Guerres Puniques

La Résurrection de Carthage

Les Legs de Carthage

Un Survol de l’Histoire


 

CARTHAGE: 3000 ans d’histoire

Par Habib KRAIEM


Un Voyage à Travers le Temps

Trois mille ans d’histoire ont fait de la Tunisie un des plus vieux pays de la Méditerranée, celui où se sont déposées les témoignages de multiples époques. De par sa position géographique, à la charnière des deux bassins de cette mer intérieure, de par la configuration de son relief qui en font un pays de plaines bordées de rivages infinis, ouvert sur l’extérieur, mais étroitement rattaché au continent africain, voilà un pays qui a été sans cesse mêlé à tous les courants historiques, belliqueux ou pacifiques, civilisateurs ou barbares venus de tous les horizons.

Entrée très tôt dans l’histoire avec l’arrivée des phéniciens venus de l’Orient civilisé à l’aube du premier millénaire avant J-C, la Tunisie n’a cessé d’être soumise à toutes les conquêtes, à toutes les influences, à toutes les civilisations qui ont régné autour de la Méditerranée.

Intrépides navigateurs, les phéniciens ont été les premiers à établir le long de la cote une chaîne d’escales transformées bientôt en comptoirs d’échanges entre eux et les habitants. Ce sont précisément certaines de ces escales qui, en développant leurs ports, vont devenir les noyaux des grandes villes de l’antiquité dont certaines vivent jusqu’à ce jour.

 
Néapolis, Horréa Carlia, Hadrumète, Salacta, Acholla, Taparura, Yunga, Gightis sont les plus importantes, mais Carthage les dépasse en prestige à tel point qu’EL BEKRI grand voyageur du 11ème siècle l’a décrit en disant: " Celui qui entrerait dans Carthage tous les jours de sa vie et s’occuperait seulement d’y regarder, trouverait chaque jour une nouvelle merveille qu’il n’aurait pas remarquée auparavant. ".
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La Fondation de Carthage

La fondation de Carthage, difficile à dater précisément IX ou VIII ème siècle avant J-C, a décidé du destin de la Méditerranée occidentale pendant plusieurs siècles.

Selon la tradition, en 814, Elyssa plus connue sous le nom de Didon (la fugitive), princesse de TYR en Phénicie (Liban actuel), écartée du pouvoir, s’étant enfuie avec des partisans. Au terme d’un long périple, débarque sur le site de Carthage, dont l’intérêt stratégique ne peut échapper aux phéniciens qui fréquentent d’ailleurs depuis deux ou trois siècles ces rivages. Ils décident d’établir une ville sur ce promontoire facile à défendre et permettant de contrôler le passage entre les deux bassins de la Méditerranée. Mais les coutumes locales interdisent aux étrangers d’acquérir un terrain plus vaste qu’une peau de boeuf. Elyssa, rusée, découpe la peau en fines lanières. Il ne reste plus qu’a fonder la ville: les phéniciens déterrent d’abord une tête de boeuf, symbole d’une vie pleine de labeur et de servitude. Mais plus loin, ils trouvent une tête de cheval présage d’un destin guerrier.

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La ville est donc bâtie sur cet emplacement et reçoit le nom de QUART HADASHT (la nouvelle cité). Ses débuts sont difficiles, marqués par des heurts avec les autochtones, comme le rapporte la légende: le roi berbère Hiarbas, ébloui par la beauté et l’intelligence d’Elyssa, veut l’épouser; en cas de refus, il exterminera les carthaginois. Pour éviter des épreuves à sa jeune patrie, Elyssa se suicide sur un bûcher.

Le destin d’Elyssa et sa fin tragique deviendront source d’inspiration pour les poètes et les artistes. De Virgile qui associa la mort de la princesse phénicienne à l’histoire d’Enée en faisant d’elle l’héroïne de l’Eneide sous le nom de Didon, liant ainsi les origines de Rome et de Carthage, à Dante qui la rencontra aux enfers aux cotés de Sémiramis, de Cléopatre et d’Hélène, jusqu’aux Pères de l’église qui en firent un martyre de la fidélité conjugale...

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En outre, les épisodes de la peau de boeuf et de la tête de cheval sont des contes grecs: ils reposent sur un jeu de mots (Byrsa en grec signifie peau de boeuf) et sur la présence d’un cheval au revers des monnaies de Carthage.

La date de la fondation de Carthage n’a pas été confirmée par les fouilles; pour l’instant, les indices archéologiques ne remontent pas au delà du VIIIème siècle avant J-C.
 

Carthage la Reine des Mers

Très tôt, Carthage grandit et par l’exceptionnelle qualité de sa position et les aptitudes de ses habitants, ne tarda pas à être la maîtresse d’un vaste empire maritime et terrestre dont le destin demeure l’un des plus célèbres de l’histoire. Cependant, ici et là, en méditerranée occidentale, ses ambitions se heurtent aux grecs et la Sicile devient le théâtre de guerres répétées. En Méditerranée, le conflit était inévitable: en 535, les grecs subirent des pertes irréparables sur la cote Corse, mais, en 480, à la bataille d’Himère (Sicile), ils furent les vainqueurs.
Après cette défaite, Carthage s’applique, durant plus d’un siècle, à reconstituer sa puissance.

Cantonnée jusque-là au littoral nord-africain, elle se taille, au prix de luttes avec les autochtones, un territoire couvrant à peu prés toute la Tunisie.

Eliminée un peu du commerce méditerranéen, elle se tourne vers des horizons plus lointains.

Au Vème siècle avant J-C, le carthaginois Hannon partit à la tête d’une expédition de soixante vaisseaux vers l’Afrique occidentale. Après avoir traversé le détroit de Gibraltar, il côtoya les rivages marocains et se dirigea vers le sud jusqu’à la cote du Cameroun. Ce voyage d’exploration ouvrit au commerce carthaginois des pays ou les Européens n’aborderont qu’a la fin du Moyen Age. En effet, les navires carthaginois qui dépassaient rarement trente mètres de long ne craignaient pas d’affronter les vagues de l’Atlantique qui était pour les Grecs la mer des ténèbres et des monstres.

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C’est grâce à la navigation atlantique que les carthaginois furent les premiers méditerranéens à connaître l’Afrique occidentale.
 
Himilcon quant à lui, aurait parcouru le golfe de Gascogne, côtoyé la Bretagne française et serait arrivé en Angleterre, pays de l’étain; ce minerai qui servait à la fabrication du bronze était effectivement abondant en Cornouailles.

Ces expéditions amènent le contrôle de la route de l’or et de l’étain, si bien que vers 300 avant J-C, la Méditerranée semble être devenue un lac carthaginois où les croiseurs puniques n’hésitent pas à couler tout navire étranger qui ose s’approcher des colonnes d’Hercule.

Les marins carthaginois visitèrent aussi l’archipel des Canaries et de Madère.

Ainsi, Carthage, grâce à Hannon, Himilcon et tant d’autres marins moins connus, a contribué à élargir l’horizon géographique du monde civilisé.
 

Les Guerres Puniques

Lorsque les carthaginois s’installent à Messine, en 270 avant J-C, ils se retrouvent face aux romains établis à Rhégion, de l’autre coté du détroit, ce qui conduit à l’affrontement, en trois longues guerres. Carthage sortira vaincue de ces guerres puniques. A plusieurs reprises, elle manque l’emporter, notamment

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lorsque le général Hannibal écrase les légions romaines à Trasimène et à Cannes (Italie), en 216 avant J-C. Mais sa marche vers Rome est interrompue par la défaite de son frère HAsdrubal et le manque de secours qui l’obligent à se replier.
 
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Les légions de Scipion l’Africain, renforcées par les troupes du roi berbère Massinissa, réussissent à vaincre l’armée qu’il a improvisée en toute hâte.

En fait la puissance de Carthage n’est pas sans receler des germes de faiblesse. Faute d’avoir compris certaines aspirations, Carthage se trouve à plusieurs reprises prés de sa perte. Tout comme l’avait tenté le syracusain Agathocle, les romains Régulus puis Scipion, conscients des appuis qu’ils pouvaient trouver, n’hésitent pas à porter la guerre en Afrique. Ces opérations voient la défaite des carthaginois à Zama à l’issue de la deuxième guerre punique en 202 avant J-C.

Au lendemain de ce désastre, Hannibal veut remédier aux maux dont souffre sa patrie mais il ne réussit qu’à dresser contre lui l’aristocratie et doit s’exiler.
Cela fait l’affaire de Massinissa qui, régnant sur un territoire couvrant à peu près toute l’Algérie, avec la bienveillante neutralité de Rome , entreprend la conquête du territoire Punique, pour faire de Carthage la capitale d’un vaste Royaume. Rome prend alors conscience du danger. Elle ne peut le prévenir qu’en condamnant Carthage à la destruction: delenda est Carthago. Celle-ci résiste trois ans (149-146 avant J-C) avant de succomber.
 
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Les derniers jours de combat avaient été durs. Il avait fallu prendre la ville maison par maison, et l’historien Appien explique que les quartiers centraux étaient bâtis d’immeubles à six étages, serrés autour de rues dallées, mais si étroites que les soldats passaient d’un coté à l’autre sur des planches appuyées aux terrasses. Les assaillants avaient ainsi gravi lentement la colline de Byrsa, où était la citadelle, au milieu des incendies et des effondrements des grands immeubles en briques crues. Ce que les combats n’avaient pas détruit, les soldats romains allaient l’anéantir systématiquement.

Il aura donc suffi de six jours et de six nuits, au printemps de l’année 146, pour livrer aux flammes et au pillage la cité punique et détruire ainsi tous ses monuments et la quasi totalité de ses archives.

Vaincue, Carthage était ainsi rayée en quelques heures de la carte du monde et son périmètre maudit...
 

La Résurrection de Carthage

Quelques décennies à peine séparent l’abandon du site et sa résurrection sous le règne de l’empereur Auguste.
La seconde Carthage porte le nom de ses fondateurs Colonia Julia Karthago et devient une nouvelle fois capitale d’une des plus belles provinces de l’empire.

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Dans la paix établie, sa terre fertile produit d’amples récoltes qui ont fait d’elle le grenier de Rome. Le pays se couvre de cités bientôt promues au rang de petites Rome. Car en adoptant le modèle romain les habitants ont acquis les privilèges des maîtres de l’empire. Et, en signe de reconnaissance, chaque cité se mit en devoir avec zèle d’imiter la métropole. Les capitoles et les temples se dressent autour du forum où convergent les alignements des rues qu’enserrent les édifices publics et les belles villas. Dans la prospérité générale, la richesse des matériaux rivalise avec la hauteur et la masse des édifices et les décors apparaissent de plus en plus fastueux: colonnades de marbre les plus variés, statues colossales, dédicaces honorifiques, parterres somptueux de mosaïques, chaque notable et chaque cité se dépensent sans compter.
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Carthage ne bénéficia pas pour autant d’une existence sereine au temps de la paix romaine. Elle subit les sanglantes conséquences des remous politiques qui l’agitèrent, comme cela arriva avec les grandes villes du monde romain, quelle égalait en importance. En 238 ap J-C, elle fut saccagée par les soldats et Carthage n’aura plus l’occasion de s’illustrer aux yeux de l’histoire sinon lors du passage de Saint Louis puis de Charles Quint.
 

Les Legs de Carthage

Carthage des diverses époques de son histoire, a donné à la pensée et aux arts de nombreux noms: Magon père de l’agronomie; Clitomaque (ou HAsdrubal), qui fréquenta les écoles d’Athènes; Apulée (IIème siècle ap J-C) auteur des florides, et surtout des métamorphoses, et d’autres moins connus comme Cornutus, Florus et Fronton.

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Mais Carthage fut surtout une grande métropole du christianisme naissant.
Sa terre couverte de basiliques, fut riche en martyrs. Rien d’étonnant que s’y soit développé la première école littéraire chrétienne de langue latine. Dés la fin du deuxième siècle, celle-ci s’illustra avec Tertullien qui, dans ses écrits s’attaqua avec fougue toute africaine aux ennemis de L’église. Mais le plus grand de tous les penseurs et écrivains de cette école fut Augustin. Né païen à Thagaste (Algérie), il étudia à Carthage, Rome et Milan, ou il devint rhéteur en 383. S’étant converti, il rentra en Afrique et devint évêque d’Hippone en 396. Mort en 430, il a laissé une oeuvre considérable, d’ou émergent la Cité de Dieu et les Confessions.
 

Un Survol de l’Histoire

Pour récapituler disons qu’il y a plusieurs Carthage sous les strates du temps.
La première fondée par une princesse venue de Phénicie, Elyssa-Didon, fit entrer L’Afrique dans la lumière de l’histoire.

La Carthage punique d’Hannon fut reine des mers, et celle d’Hannibal, maîtresse du monde, connut son heure de gloire, avant de disparaître.

Auguste bâtit la Carthage romaine pour être capitale de l’Africa proconsulaire, et la Carthage impériale qui lui succède honore les arts et les lettres.

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La Chrétienne de Saint-Augustin semble une cité exaltée autant par la religion que par les passions. Elle devient Vandale pendant un siècle, puis Byzantine avec Bélisaire.

Carthage sera enfin conquise par les Arabes qui l’abandonnent au profit de Tunis.

Tant de conquérants, tant d’envahisseurs ont chacun laissé les traces de leur passage ou de leur séjour, tantôt vagues dévastatrices et tantôt forces créatrices: celles qui ont fondé les villes, celles qui ont dressé les monuments, qui ont levé les arcs et les coupoles, fait jaillir les colonnes, couronnés les montagnes, dompté les cours d’eau, sillonné les plaines et les vallées, édifié des ports pour conquérir les mers, et aussi celles qui ont abattu les murs, rasé les cités, détruit les habitants, retiré la vie, toujours renouvelés... Ce sont les traces de cette longue histoire mouvementée qui s’inscrivent sur le sol de Carthage.
H-K.
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